Pourquoi on a la flemme (même quand on sait que c’est bon pour nous)?

Tu sais que faire du sport te fait du bien.
Tu sais que lire t’apaise.
Tu sais que méditer, écrire, t’aérer… c’est bon pour toi.
Et pourtant : tu restes avachi·e à scroller.
Pas par paresse. Pas parce que t’es “nul·le”.
Mais parce que ton cerveau, lui, a d’autres plans.

Bienvenue dans le vrai mécanisme de la flemme.


1. Ton cerveau n’aime pas le changement (et il a ses raisons)

La flemme, ce n’est pas de la paresse.
C’est souvent ton cerveau qui dit : “Pas maintenant. Trop compliqué. Trop risqué.”
Et il ne fait pas ça pour t’embêter — il fait ça pour t’économiser.

Ton cerveau est câblé pour préserver l’énergie mentale.
Il aime les chemins connus. Les automatismes. Les habitudes déjà gravées.
Pourquoi ? Parce que ça lui coûte moins d’effort cognitif.

Changer une routine ou te lancer dans une activité nouvelle (même bénéfique) mobilise plusieurs fonctions exécutives :

  • la mémoire de travail (tu dois te rappeler de ce que tu veux faire),
  • l’attention (tu dois rester concentré·e),
  • l’inhibition (tu dois résister à l’envie immédiate de scroller, par exemple).

👉 Tout ça, c’est épuisant pour lui.
Donc il freine.
Pas parce que t’es “mou·molle”, mais parce que ton système nerveux choisit la voie la moins coûteuse.

En neurosciences, on appelle ça le “biais de moindre effort”.
C’est un réflexe automatique qui favorise les comportements connus, faciles et gratifiants à court terme (genre… Netflix, Insta, TikTok… et ça, eux, ils l’ont bien compris !).

Mais cette stratégie court-termiste a un prix :
Tu te sens bloqué·e, démotivé·e, en mode passif·ve.
Et tu culpabilises — alors que c’est juste ton cerveau qui fait son job de survie.

🧩 Bonne nouvelle : une fois que tu sais ça, tu peux jouer avec, pas contre.


2. Tu es (sur)stimulé·e

Quand tu es tout le temps bombardé·e d’infos, ton système nerveux se fatigue.
Résultat ? Moins d’élan, moins d’envie, plus de brouillard mental.
Ce que tu ressens comme de la flemme, c’est peut-être juste un système en surcharge.

⚡ Le vrai luxe, ce n’est pas la motivation. C’est de retrouver de l’espace mental.


3. Tu vis dans une culture de la performance

On t’a appris à faire des trucs “utiles”.
Alors quand tu penses à peindre, jardiner ou écrire… une petite voix te souffle :
“À quoi bon ? Ça sert à rien.”
Et tu ne fais rien du tout.
Résultat ? Tu procrastines, tu culpabilises, tu scrolles pour compenser.


4. Tu confonds désir et besoin

Parfois, t’as envie de chocolat.
Mais ce dont t’as vraiment besoin, c’est de réconfort, de pause, de reconnaissance.
Quand tu ne fais pas ce tri, tu t’éparpilles, tu t’agites, tu t’anesthésies.
Et à la fin, tu dis : “J’ai la flemme.”


5. Et si ce n’était pas de la flemme ?

Et si, en vrai, c’était un signal ?
Un appel à ralentir. À choisir différemment.
Peut-être qu’il te faut juste un point de départ simple.
Pas “fais du yoga 45 minutes chaque matin”.
Mais “bouge ton corps 3 minutes, maintenant”.

Parce que la discipline commence par un seul pas.


6. Ok. Je fais quoi maintenant ?

✅ Commence petit (vraiment petit)
→ 2 minutes de respiration
→ 5 pages de ton bouquin
→ Un message vocal à un·e pote

✅ Crée un rituel, pas une performance
→ Si c’est chiant, tu tiendras pas. Si c’est doux, tu reviens.

✅ Rappelle-toi POURQUOI tu le fais
→ Pas pour “réussir ta vie”.
→ Pour t’écouter, pour te réguler, pour te sentir plus vivant·e.


En conclusion

La flemme, c’est pas un bug de volonté.
C’est souvent une réaction à un monde trop rapide, trop exigeant, trop stimulant.

Tu n’as pas à devenir une machine.
Mais tu peux te créer des bulles d’élan.
Et chaque petit pas que tu choisis en conscience… est déjà une victoire.

T’as une pensée, une question ou juste un truc à dire ? Viens poser ça en commentaire — on lit tout.